Le Parc national du Tazekka, un sanctuaire pour la nature

18/04/2016 Admin
Divers

Peu connu et encore trop peu fréquenté, le parc national du Tazekka vaut réellement le détour.

Situé à une centaine de kilomètres à l’est de Fez et à une trentaine de Taza, le Parc National de Tazekka s’étend sur 13 800 hectares dans un décor naturel grandiose. La route qui y mène, à partir de la nationale 6, monte en d’innombrables lacets dans une forêt dense dont les quelques trouées permettent d’admirer selon l’orientation les monts et collines humides et verdoyants de l’Atlas qui ondulent à l’infini, l’étincelante chaîne du Bou-Iblane au sud, les hauteurs plus austères du Rif au nord, ici et là des falaises roses percées de grottes (où vécurent des troglodytes) au pied desquelles l’on entend le chant des cours d’eau dans des vallons profonds. L’oued Zirega, par exemple, creusé de spectaculaires gorges. Il y a aussi des champs de céréales et de légumes, des arbres fruitiers, quelques hameaux aux toits de terre. L’environnement est donc très varié et agréable à l’œil.

Le gouffre le plus profond d’Afrique

Invisible de cette route, et néanmoins fort célèbre, le gouffre du Friouato attire également beaucoup de visiteurs : il s’agit d’un des gouffres les plus connus d’Afrique du nord 271 mètres de profondeur, avec un aven (entrée) de 30 mètres de large. Le spéléologue, même 12675460355_17df340160_bamateur, puisque le gouffre est équipé de 550 marches, un peu glissantes et dépourvues d’éclairage il est vrai, y découvrira d’impressionnants drapés de concrétions et toute une collection de stalagmites et de stalactites. Moins connues, quoique voisines, les grottes du Chiker, en bordure du lac éponyme, ont été explorées sur 5 kilomètres ; elles sont réservées aux personnes bien entraînées. Mais le seigneur du Parc, c’est le mont Tazekka bien sûr, qui culmine à quelque 1 986 mètres. On peut y accéder par une piste large aux incroyables tournants prévue pour les véhicules tout terrain au sud, ou à pied en empruntant de jolis sentiers qui serpentent dans les forêts du versant sud et passent par Bab Tazekka 1546 m). Le dénivelé est de 939 mètres depuis le Douar d’Idissene jusqu’au sommet. Le mont Tazekka est entouré d’une somptueuse cédraie (des cedrus atlanticusdite « isolée » ; certains arbres sont bicentenaires (la section du cèdre se trouvant au centre d’information du parc est celle d’un arbre ayant vécu quelque 600 ans) et leur fût peut avoir jusqu’à 15 mètres de circonférence. Le mont est coiffé d’une antenne hertzienne géante et d’énormes paraboles sur lesquelles veillent en permanence deux «moghaznis» au moins et un agent des télécommunications. Par temps clair le panorama est exceptionnel.

Quelques mètres plus bas seulement, gardien des lieux lui aussi, se trouve le sanctuaire de Sidi Moulay Abdelkader jilali. À Pinte-rieur, quelques bougies, une natte roulée, bouilloire et des morceaux de tissus témoignent du passage de pèlerins. Un moussera s’y déroule chaque année.

Un parc créé il y a 57 ans

TazekkaÀ l’origine, c’est bien d’abord cette cédraie « relique » de Tazekka que les fondateurs du Parc entendaient protéger, tout en préserva les autres espèces végétales et animales endémiques. Créé dès 1950 sur 680 hectares  déjà, par arrêté viziriel du 11 juillet 1950, le Parc National de Tazekka a été agrandi et réaménagé en 1994. Il abrite une flore et une faune très diversifiées.

Trois variétés de chênes y prospèrent: le chênevert (quercus rotundifolia), aux feuilles persistantes, assez commun sur le pourtour méditerranéen et dans le Moyen-Atlas, le chêne zeen (quercus faginea), espèce « relique », aux large feuilles caduques, et dont les fûts, longs et rectilignes, se couvrent volontiers de mousses et de lichens, le chêne-liège enfin (quercus suber), aux feuilles persistantes, dont l’exploitation apporte quelques revenus à la commune (80% des retombées) et au Parc lui-même (20%).